Impact de l’épisode méditerranéen sur les moustiques nuisants et gestion consécutive des traitements

La stratégie de lutte contre les nuisances de moustiques issus des zones humides sur laquelle s’appuie l’EID Méditerranée repose sur un contrôle antilarvaire très sélectif.

En effet, la lutte contre les moustiques adultes est irréalisable, à grande échelle. Le développement larvaire ne durant que quelques jours et l’efficacité du bio-larvicide utilisé (le Bti) étant maximale sur les jeunes stades larvaires, l’EID doit agir très rapidement après les mises en eau (par intempéries, coups de mer ou remontées d’étangs, irrigations), en prospectant et traitant aussitôt après.

Les épisodes récents d’intempéries (pluies des 14 et 16 août), ainsi que les coups de mer et remontées d’étangs qui les ont précédés, ont conduit les agents de l’EID Méditerranée à être fortement mobilisés depuis plusieurs jours :

PHASE 1 - Les coups de mer et remontées d’étangs intervenus en milieu de semaine dernière (10 et 11 août), ainsi que des irrigations sur certaines parties du territoire, ont conduit les agents de l’EID à prospecter puis à traiter durant le week-end du 15 août :

  • Vendredi 12 : des traitements, par les agences de Canet (P-O) et Narbonne (Aude).
  • Samedi 13 : des prospections et des traitements (environ 25 ha), par les agences d’Arles (B-d-R) et de Saint-Chamas (BdR).
  • Dimanche 14 : des prospections, par l’agence d’Arles (BdR).
  • Lundi 15 août : des traitements (environ 135 ha), par l’agence d’Arles (BdR).

Les traitements liés à ces événements ont représenté environ 160 hectares.

PHASE 2 - Les intempéries du 14 août, ainsi que des remontées d’étangs, ont conduit les agents de l’EID à prospecter lundi 15 août. Ont ainsi été mobilisés sur le terrain des agents relevant des agences de Canet (P-O), de Narbonne (Aude), de Fréjorgues (Hérault) et de Montcalm (Gard).
Ces prospections ont révélé la présence de larves, justifiant la réalisation de traitements de contrôle des populations de moustiques issus des zones humides.

Des traitement aériens (600 ha environ), complétés par des traitements terrestres, ont été réalisés le 16 août par l’EID et ses prestataires aériens (4 avions et 1 hélicoptère mobilisés) : environ 150 ha sur le secteur de l’agence EID de Montcalm (Gard), 180 ha sur celui de l’agence EID de Canet (P-O) et 185 ha sur celui de l’agence EID de Fréjorgues (Hérault).

Suite au même événement pluvieux, environ 260 ha complémentaires ont été traités par voie aérienne le 17 août matin sur le secteur de l’agence EID de Montcalm.

PHASE 3 - Les pluies de la nuit du 16 au 17 août ont amené les agents de l’EID à réaliser dès le matin du 17 août des prospections sur tous les secteurs concernés, particulièrement ceux relevant des agences EID d’Arles, de Montcalm et de Fréjorgues. En effet, jusqu’à 90 mm de précipitations ont été relevés durant la nuit dans le sud des Bouches-du-Rhône et environ 50 mm dans le sud du Gard. Ces précipitations ont en sus été accompagnées de coups de mer.

Les prospections révèlent que de grandes superficies jusqu’alors asséchées ont été mises en eau et que des larves de moustiques, résultant de l’éclosion des œufs, sont présentes. Cela conduit, pour l’instant, à devoir traiter environ 1 100 ha dans les tout prochains jours, dont environ 970 ha par moyens aériens dès ce 18 août sur les secteurs des agences EID de Fréjorgues, de Montcalm, d’Arles et de Saint-Chamas. Des traitements complémentaires terrestres sont prévus sur les secteurs des agences EID de Canet et de Narbonne.

IMPORTANT - Les éléments suivants doivent être pris en compte :

  • La période de sécheresse (depuis l’épisode de fin juin, mais aussi depuis bien avant) a généré une accumulation très importante d’œufs de moustiques, et donc, après leur éclosion, des densités larvaires extrêmement élevées. Malgré l’efficacité du bio-larvicide Bti (toutefois non complète), le nombre de moustiques adultes dits « résiduels » pourra se révéler important.
  • Avec la chaleur ambiante, le développement larvaire est en ce moment très rapide, nécessitant une action sans tarder pour qu’elle soit efficace.
  • Or les conditions météorologiques (pluies du 17 août, voire des jours suivants, et surtout présence de vent) sont aléatoires et pourraient augmenter encore les superficies à traiter, mais surtout retarder la réalisation des traitements.

La mobilisation de l’EID Méditerranée et de ses prestataires aériens est grande, pour faire face à la situation et éviter les désagréments pour les populations permanentes et estivales. Mais des éléments extérieurs viennent parfois limiter, par moments, la capacité d’action et l’indispensable réactivité pour l’efficacité des traitements.

C’est potentiellement le cas dans les jours qui viennent, si bien que des nuisances résiduelles relativement importantes pourraient advenir si les conditions météo retardent la réalisation des traitements prévus pour l’instant, restreignant ainsi leur efficacité.

Le moustique-tigre : un autre problème
Les conditions météo de la fin juin ont eu également une incidence sur les populations de moustiques-tigres. Cette espèce, urbaine et inféodée aux récipients et objets pouvant recueillir de l’eau, souvent de petite taille, très majoritairement présents dans les résidences domiciliaires (jardins, cours, terrasses, balcons), est distincte de celles se développant en zones humides, qui posent le problème de nuisance évoqué plus haut.

Les mises en eau de ces récipients, « gîtes » de reproduction des moustiques-tigres, proviennent des pluies et des arrosages artificiels, d’autant plus nombreux que le temps est sec. Les deux phénomènes se sont produits dans la courte période, introduisant un facteur « nuisance » supplémentaire dans certains quartiers.

Pour ces situations urbaines, la pullulation et le caractère aléatoire de ces « gîtes » dans l’espace et dans le temps rendent inopérante une stratégie de contrôle antilarvaire comparable à celle mise en œuvre contre les espèces nuisantes issues des zones humides. À ce jour, partout où le moustique-tigre est installé dans le monde, la meilleure recommandation est la prévention individuelle et collective, consistant à gérer chez soi ses eaux domestiques : vider, couvrir, jeter, ranger, curer… Il faut priver le moustique-tigre de tout accès à l’eau. « Zéro éclosion, zéro invasion » (www.moustiquetigre.org).